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Motifs floraux / Floral series

Aujourd’hui à cinquante-trois ans et à un tournant très personnel de mes envies pour le futur, je me trouve à me remettre à une plus grande production, privilégiant, depuis quelques mois, la peinture à l’huile et les acryliques. Je m’intéresse aussi à côté à la linogravure depuis 2021, pratique précurseur de mon nouvel engouement dans ma créativité.

Mon utilisation des peintures à l’huile comme à l’acrylique, évoque un monde onirique que j’ai le plus souvent du mal à nommer, laissant chacun libre de développer sa propre lecture de mes œuvres. Je travaille aussi beaucoup par thèmes – ici les fleurs, mais aussi des paysages abstraits ou réalistes, des portraits, ou encore des vanités, etc. Ma redécouverte de la peinture à l’huile, essentiellement travaillée au couteau, a montré que je suis toujours prolifique, quel que soit les thèmes choisis.

Je travaille beaucoup les couleurs, donnant pleine vie au sujet et engageant le spectateur à pénétrer dans un monde à part, où l’imaginaire a toute sa raison d’être.

Pourquoi me concentrer sur des motifs floraux ? Il y a plusieurs raisons, selon le contexte. Voici en détails mes motivations :

Par ailleurs, les fleurs permettent d’explorer :


Enfin mon regard capte ce que d’autres effleurent : la courbe d’un pétale, le frémissement d’une lumière, le rythme silencieux d’une floraison.
Il y a, dans chaque fleur, une émotion vive — un souvenir, une guérison, une joie — et c’est cela que je traduis, avec sincérité, sur la toile.

L’acrylique m’impose sa cadence : rapide, exigeante. Mais j’aime cette contrainte. Elle me pousse à l’essentiel. Avec un simple couteau à palette, je cherche la forme juste, la touche vibrante.
Mon style ne se veut pas académique. Il est énergie, intuition, mouvement. Peut-être est-ce là ce qui touche : cette voix personnelle, libre, sans imitation.

Créer, pour moi, c’est abandonner.
Lâcher la douleur, le besoin de contrôle, les contours de l’ego.
Quand je peins, surtout des fleurs, je me perds — et dans cette perte, je me trouve. Le temps s’efface, le geste devient souffle. Je ne suis plus que le canal d’une beauté fragile.

Il y a en moi un jardin intérieur, nourri par l’art.
Chaque œuvre en est une floraison.
Quelque chose d’inattendu, de délicat, qui surgit et se donne.

Créer ne m’épuise pas. Au contraire : je déborde.
Comme si je ne forçais rien, mais que je dévoilais ce qui était déjà là.

Peut-être que ce mot imaginaire, “abondment”, dit tout :
Cet état où l’on devient entier en créant.
Un entre-deux, entre la perte et l’épanouissement,
Entre la vulnérabilité et la puissance.
Un mot impossible à définir, mais que l’on ressent profondément —
Comme on ressent l’art, quand il est vrai.

En conclusion et pour rappel : Le langage des fleurs, aussi appelé floriographie, est un mode de communication symbolique utilisant les fleurs pour transmettre des sentiments, des messages ou des intentions, sans avoir besoin de mots. Cette pratique a atteint son apogée au XIXe siècle, notamment en Angleterre victorienne et en France, où il était courant d’envoyer des bouquets codés.

Origines et principes

At fifty-three today and at a personal turning point in my life, I’ve decided to return to more consistent artistic production, focusing again — over the past few months — on oil and acrylic painting. I’ve also developed an interest in linocut printing since 2021, which has served as a precursor to this renewed creative enthusiasm.

My use of oil and acrylic paints evokes a dreamlike world that I often find hard to define — I prefer to let each viewer develop their own interpretation of my work. I also work extensively with themes — including flowers, but also abstract or realistic landscapes, portraits, vanitas, and more. My rediscovery of oil painting, primarily done with a palette knife, has shown that I remain prolific, regardless of the subject.

I work deeply with color, bringing subjects to life and inviting the viewer to enter a world apart, where imagination fully belongs.

Why focus on floral motifs?
There are several reasons, depending on the context. Here are my motivations in detail:

Besides, flowers allow for the exploration of:

Finally, my eye captures what others only brush past: the curve of a petal, the quiver of light, the silent rhythm of a blooming flower. There is, in each flower, a vivid emotion — a memory, a healing, a joy — and that’s what I try to translate, sincerely, onto the canvas.

Acrylic imposes its own pace — fast, demanding. But I embrace that constraint. It pushes me toward the essential. With a simple palette knife, I search for the right shape, the vibrant stroke.
My style isn’t meant to be academic. It’s energy, intuition, movement. And perhaps that’s what resonates: this personal voice, free, unreplicated.

Creating, for me, is an act of surrender.
Letting go of pain, of control, of ego’s outline.
When I paint — especially flowers — I lose myself, and in that loss, I find myself. Time disappears; the gesture becomes breath. I am nothing more than a channel for something fragile and beautiful.

Within me, there’s an inner garden, nourished by art.
Each painting is a blooming.
Something unexpected, delicate, that rises up and gives itself freely.

Creating does not drain me. On the contrary: I overflow.
As if I’m not forcing anything but revealing what was already there.

Perhaps this imagined word, “abondment,” says it all:
That state of becoming whole through creating.
A space in between — between loss and blooming,
Between vulnerability and strength.
A word that can’t be defined, but is deeply felt; just like art, when it’s true.

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